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William Cliff et Conrad Detrez

Encore deux noms, un poète vivant et un romancier mort qui nous rappellent décidément que la Belgique n'a pas vraiment besoin d'exister politiquement. Elle est une donnée définitive de l'imaginaire, de la rêverie et d'un mode d'être au monde très particulier qui s'appelle l'absence. La Belgique, c'est l'Atlantide à 1H30 de Thalys ou à portée de main d'une bonne bibliothèque.
Pourquoi ce dizain de Cliff plutôt qu'un autre parmi ceux qui composent le Tombeau à l'ami disparu? Sans doute parce qu'il joue pour nous sur des motifs très chers: le bonheur d'être enfin seul, oublié, dans une ville suffisamment grande pour se perdre et écrire dans ce secret le plus extrême qui est aussi la forme la plus accomplie de la sérénité. 

"J'entends en bas les bus qui se démènent 
A grands renforts de fumée et fracas
Pour traverser notre misère urbaine
et je repense à quand vivait Conrad
dans le réseau de ces rues de ces parcs
et qu'il allait sagement tous les jours
s'asseoir à la Bibliothèque pour
mieux s'attacher au travail d'écriture
puis qu'il rentrait à la tombée du jour
avec des pages noires de ratures."

William Cliff, Conrad Detrez (La Table Ronde, La petite vermillon)

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